2ème place au 3ème X-Adventure Raid Series de la saison 2004 - La Coupe du Monde des raids aventures. France-Italie - Sud Mont-Blanc

Partis des Arcs samedi matin à 6h, nous avons rejoint l'arrivée qui se trouvait à Courmayeur en Italie après avoir avalé 8800m de dénivellé positive et autant de dénivelé négatif.

Luc ne participant pas à la finale en Patagonie, nous avons donc du engager une 5ème personne dans l'équipe, en effet, selon le règlement, chaque coureur partcipant à la finale doit avoir participé au moins une fois avec l'équipe à une course de qualification. Ce 5ème homme c'est François Faloci, spécialiste eau-vive qu'Alain a appris à connaitre en participant à un raid à La Réunion avec lui.

Au programme, du VTT sous la pluie pour commencer. Nous avons subi une crevaison qu'on a tenté de réparer avec une capsule de mousse et qu'on a fini par réparer avec une chambre à air après avoir perdu bien du temps. Mais malgré cela, nous pointions en tête au dernier CP de la section avant de nous engager sur une chemin non cartographié qui ne nous a pas menés où on l'espérait.

Nous avons enchaîné avec une section de haute montagne, crampons aux pied. Une tyrolienne au dessus d'un lac nous attendait au milieu de la section qui s'est terminée au col du Petit Saint-Bernard.

Ensuite descente sur Bourg Sant-Maurice à VTT, plus de 40km/h de moyenne en partie sur un single qui nous a donné le tourni, en bas il faisait au moins 20C de plus qu'au col. A ce moment là de la course une dizaine d'équipes se tiennent dans un mouchoir de poche.

La suite c'était la descente de l'Isère en canoe, le remontée à Bourg en in-line et la redescente à Aime en hydrospeed. Sous la houlette de François, tout se passe à merveille.

De là nous sommes montés en direction de la Pierra-Menta en VTT puis à pied jusqu'aux Chapieux. La première journée s'est bien terminée pour nous puisque nous avons pris la tête grâce à des performances très régulières tout au long de la journée et un bon trek final sur lequel on a utilisé nos qualités de montagnards.

Le lendemain matin c'est à 4h30 qu'on enfourche nos VTT pour aller direction l'Italie. Le jour se lève alors que nous montons une série de cols à près de 3000m d'altitude, entre 2 bourasques de grésil, nous voyons le Mont Blanc éclairé d'une lumière fantastique.

Au sommet nous sommes 4' derrière Les Arcs Quechua qui font le forcing parce que 3 hommes ensemble alors que nous sommes avec Ariane et c'est alors qu'un truc incroyable se produit : les Arcs prennent le CP au mauvais col, ils ont vu, tout comme nous, le contrôleur debout au col alors ils y sont allés, Alain, au pied du col, a dit "p... de carte italienne, c'est pas bon, on doit aller à droite", mais nous y sommes allés quand même, influencés par l'hélico qui tournait par là pour faire des images, et Quechua qui étaient devant. Au col, plus personne, Quechuas couraient en bas dans le gazon, et on a du se rendre à l'évidence, le contrôleur a été déplacé au bon col par l'hélico!!!! Nous l'avons rejoint après 30' d'effort à flanc de montagne dans des éboulis et des névés. Le temps des Quechua a été adapté par calcul par la suite, mais les 30' de fatigue en plus que nous avons eu dans les jambes à 3000m d'altitude, elles ne seront jamais compensées.

Après un grand rappel de 80m la section se termine au col du Petit Saint-Bernard. Il reste une section de VTT et une section de course avant l'arrivée. Nous rattrapons Les Arcs à vélo et rebelote, crevaison qui nous coute exactement 6'.

Au départ de le dernière section, nous pointons avec 11' de retard sur Les Arcs, nous leur en reprenons 2 sur les 1100m de dénivellé de la dernière section à pied et terminons à 9' à l'arrivée.

Conclusion : une deuxième place, super ? Ouais, mais pas comme ça, on a de quoi faire la fine boucha après nos 2 victoires. Tout doit être correct et cela n'a pas été le cas.


 

Ariane, quel a été le moment le plus magique pour toi ?

Le départ dimanche matin à vtt dans l'obscurité et après la
lumière fantastique dans les montagnes quand le jour vient.

Jan, quel a été le moment le plus magique pour toi ?

Surfer dans les grosses vagues en hydrospeed avec des crampes dans les pieds.

Alain, quel a été le moment le plus magique pour toi ?

Les lumières du soir et du matin sur le Mont Blanc ainsi que le sentiment de vitesse en in-line.

Ariane, quel a été le moment le plus dur pour toi ?

La dernière section du raid pour moi à vtt avec une ascension
de env. 300m et une descente de 1000m. Alain m'a tirée et Francois m'a poussée. Mon corps était vraiment acide comme un citron et j'ai fait tous ce que je pouvais mais je n'arrivait pas à aller plus vite. Et après encore un pneu à plat ça m'a fini.

Jan, quel a été le moment le plus dur pour toi ?

La première étape le dimanche matin. C'est dur moralement de se faire larguer par Quechua et de faire justement une faute d'orientation. On avait la victoire sur un plateau.

Alain, quel a été le moment le plus dur pour toi ?

Ca a été de remonter chercher François et Ariane qui réparaient la crevaison qui s'est produite au pire moment de la course, je pensais à une chute. Mais aussi le moment où il a fallu décider soit de monter au col où était le contrôleur soit d'aller à l'autre col, j'étais à 95% sûr, pas à 100. Et bien sûr ce poste déplacé et les discussions qui s'ensuivirent, ça coupe l'envie de se battre pour des secondes.

Ariane, une anecdote :

Le rappel de 80m était très impressionant. A gauche de la corde
il y avait un chute d'eau. Ce rappel était très dur car la corde était un peu humide et très lourde, cela n'allait pas très vite. J'ai été obligée de tendre la corde à travers le "huit". Au milieu du rappel mes muscles du bras brûlaient et je n'arrivait presque
plus à continuer. Là je me suis dit: Tu ne veux pas rester là haut dans l'air alors vas-y pousse encore plus fort. Et j'ai continué.

Jan une anecdote :

Le soutien de René c'était vraiment super.

Alain une anecdote :

Première section à VTT, 7h du matin, un sanglier me coupe la route! Il était bien rapide ;-)