
sur la banquise, à 40km de Qikiqtarjuaq

traces d'ours femelle car avec un petit

Coronation Fjord

Le Coronation Glacier se déverse dans le fjord

Repérages pour escalader le front

Une montagne sans nom, beau granit, 700m de haut

Montée du Coronation Glacier

Le rituel quotidien : monter le camp

-10°C la journée, fort rayonnement

des falaises partout

longue montée du Coronation Glacier

à la sortie du Coronation Glacier sur la Penny Ice Cap, 1800m

réparation de l'attache de traction des pulkas au tape

mieux vaut ne pas être ici par brouillard ou avec un fort vent

le Coronation Glacier, 50km plus bas, le fjord

ça souffle de temps en temps, le surlendemain, on va en faire les frais, on devra retrouver la tente grâce au GPS

la région des big walls mythiques, Mt Asgard au premier plan, Tête Blanche(!), Mt Odin, Mt Thor

les étendues de la Penny Ice Cap, 130 km de glace depuis son sommet à 2100m

la pause de midi approche, l'estomac est dans les talons

des océans de glace avec des îlots

vue élargie, 150°

installation du camp de base, résistant au vent

Mt Breidablick et Mont Thor à droite peu avant la tempête

camping sur un torrent gelé à la sortie du glacier

la gueule du glacier, nous quittons les glaces de la Penny Ice Cap

2h plus tard, c'est jour blanc, en route pour 6h d'hallucinations

un caribou, quel fut le prédateur ?

les luges collent, pas de repères, plus rien ne sèche, on hallucine

un autre rituel quotidien : faire fondre de la neige, on y passe au minimum 4h par jour

au milieu d'un lac de 16km, c'est plat un lac, eh bien on est monté sans arrêt!!!

descente de la Kollik valley, ça dégèle

Pangnirtung est en vue

la banquise est cassée par les marées, encore 5km jusqu'à Pangnirtung

arrivée à Pangnirtung : l'école et l'aéroport
©photos Alain Berger
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Diaporama à l'aula de l'école professionelle d'Aigle le jeudi 27 juin à 20h.
Plusieurs Inuits nous ont demandé avec étonnement pourquoi on venait là, traverser une partie de Terre de Baffin,
la 5ème plus grande île du monde, tout juste chez eux !
On disait pour les paysages. Et nous avons été comblés. La première partie
de notre périple de 300km s'est déroulée dans des conditions idéales. Il faisait grand beau, froid,mais un froid sec tout
à fait agréable, -10° C la journée au soleil et -25°C le soir. La neige était dure, nous avons pu tracter nos luges
avec une relative facilité sur les 80km de banquise puis sur la montée du Coronation Glacier. Au coeur des montagnes,
au pied du Mt Asgard, le mauvais temps s'est installé et nous a contraint à continuer par peur de rester bloquer. Nous
n'avons donc pas pu rayonner depuis notre "camp de base". Des conditions difficiles nous attendaient sur la seconde
moitié de l'expé, jour blanc, manque de visibilité, moraines, neige molle et collante, humidité, tout le cocktail nécessaire
pour tester nos limites. Après 12 jours d'avance à raison de 8h par jour, nous sommes arrivés à Pangnirtung. Nos journées
se déroulaient ainsi : petit déjeuner, démontage du campement, faire fondre de la neige pour les thermos (2h), avance (4h), dîner, avance (4h)
faire fondre de la neige, cuisine et montage du campement (3h).

Questions / Réponses
Qu'est ce qui t'as le plus marqué lors de cette expédition ?
FG : les grands espaces, le silence sont toujours impressionnants. À Baffin ce sont les contrastes qui m'ont le plus marqués. Contrairement au Groenland, ou tout est blanc à perte de vue une fois sur le calot glaciaire (Inlandsis), Baffin est un condensé de l'Arctique ; La toundra recouverte d'une fine couche de neige soufflée, de la banquise, des fjords impressionnants, de majestueuses tours de granites (Mt Thor, Mt.Asgard, Mt. Odin), des fleuves de glace avec lesquels ne rivalise même pas le glacier d'Aletsch, et des calottes glaciaires recouvrant les sommets de l'île. En trois semaines, nous avons donc en quelque sorte parcouru les différentes facettes des terres polaires.
AB : Le gigantisme des paysages. Il était impossible d'estimer les distances, on croyait avoir besoin d'une heure pour atteindre une colline et trois heures après on n'y était pas encore ! Le silence, la pureté du ciel m'ont impressionné aussi. C'est ce qu'on est allé chercher là-bas, on a eu la chance de skier dans une région encore plus grandiose que je ne me l'imaginais. On a eu du beau temps sur la première moitié de l'expé et c'est là que j'ai amassé ces impressions, après c'est une autre histoire…
Qu'est ce qui fut le plus difficile lors de cette traversée ?
FG : L'évaluation des distances. En Suisse, il y a toujours un/des points de repère (arbres, cabane, sentier, humain) pour nous donner une idée de la taille, des distances du paysage dans lequel on évolue. Là- bas, il n'y a rien de tout ça, et nos yeux habitués à certaines tailles, certaines distances, nous trompent lorsqu'ils sont confrontés au gigantisme de ces contrées.
AB : Les journées de mauvais temps, spécialement notre dernière journée sur les glaciers. Nous descendions, il y avait toujours moins de neige/glace et toujours plus de cailloux, il y avait le jour blanc, on ne pouvait pas choisir le cheminement optimal entre les langues de moraine, je regardais la pointe de mes skis pour deviner l'inclinaison de la pente, la luge se retournait, on devait la porter par endroit et le couronnement fut l'arrivée au carrefour des glaciers où on a du escalader une moraine en portant les pulkas sur le dos sur une longueur de 500m.
Le lendemain restera gravé dans ma mémoire, j'ai tracé pendant 6 heures d'affilée dans le jour blanc dans une large vallée, j'aurais pu skier les yeux fermés, cela n'aurait pas changé grand chose. J'essayais d'accrocher mon regard à un brin d'herbe quand il y en avais, sinon à un rocher à plusieurs kilomètres de là quand on le voyait, c'était hallucinant.
Le surlendemain aussi, les luges glaçonnaient (se couvre d'une couche de glace de 5mm) à peine on s'arrêtait => malgré les séances de grattage, on tirait un poids infernal.
Mais tout cela est largement dédommagé par les paysages dans lesquels on a évolué et ce sont les souvenirs du début qui priment.
Comment vous orientiez-vous alors?
Le plus souvent "à vue". Les cartes topographiques ne sont pas dignes de confiances, la boussole est "déboussolées" à cause de la déviation (plus de 40°) due au pôle nord magnétique qui se trouve relativement proche, et le GPS (navigation par satellite) n'est pas d'une grande utilité lorsqu'il s'agit de trouver un passage sur des glaciers, à travers des moraines ou des crevasses !
Un jour où on a fait une excursion à partir de la tente, le temps s'est dégradé et on a du utiliser le GPS pour retrouver la tente!
Avez-vous rencontré des animaux... des ours blancs ?
Heureusement pas d'ours blanc! Nous n'avons pas eut l'autorisation de prendre une arme (défensive) avec nous et n'avions qu'un pistolet à pétards au cas où. Pour la nuit, nous avons mis au point un système de barrière à fils piégés qui devait nous avertir si un animal entrait dans un périmètre de env. 20 mètres autour de la tente.
Le troisième jour, en arrivant au fond du fjord (Coronation), nous avons rencontré une bonne dizaine de phoques dispersés autour de trous d'eau libre... et qui dit phoques, dit probabilité d'ours! Et nous sommes effectivement tombé sur des traces d'une mère avec un ou deux petits ! Ne connaissant pas la fraîcheur des pas, nous nous sommes donc dépêché de quitter la zone à risque et de monter sur le glacier !
Quelle fut la température la plus froide / la plus chaude ?
La température la plus froide (mesurée) fut de -25°c, avec un vent de env.10 nœuds (env.19km/h), ce qui donne une sensation de froid de -37°c !
La température la moins froide à été de l'ordre de -3°c, mais c'est beaucoup moins agréable que les -20°c, car l'humidité très élevée donne une atroce et désagréable sensation de froid... on est comme transpercés ! De plus tout est humide, plus rien ne sèche... même pas la peau qui commence à se désagréger!
Quels sont les problèmes que vous avez rencontrés ?
FG : Nous n'avons pour ainsi dire pas eu de problème! Les pulkas (luge), ont montré quelques signes de fatigue, et la mienne a pris un ou deux mauvais coups, lorsqu'elle m'a échappé sur les pentes d'une moraine !
AB : On a pas eu de problème grave, à deux reprises on a eu beaucoup de chance, c'est quand je suis tombé dans une petite crevasse, jusqu'à la taille, et quand Fabian s'est fait dépasser par sa pulka qui est allée s'écraser sur un rocher plus bas, dans les 2 cas, plus de peur que de mal.
Quels moyens de sauvetage aviez-vous en cas de problème?
Nous étions en possession d'une balise ELT (balise radio émettant sur une fréquence internationale de détresse, captée et par tous les avions de lignes et militaires), ainsi que d'un téléphone satellite IRIDIUM (mis gracieusement à disposition par MARINE ELECTRONIC, Genève!). Ce dernier nous a d'ailleurs permis de recevoir des informations météorologiques et de donner des nouvelles à nos familles.
Avez-vous eut des contacts avec des gens ?
Avant et au retour de notre tour, nous avons eu de chaleureux contacts avec les indigènes. Par contre nous avons été absolument seuls et sans voir personne pendant toute la durée de notre traversée, jusqu'à quelques heures de marche avant Pangnirtung (arrivée), où nous avons croisé des chasseurs de caribou.
Qu'est ce qui t'as le plus marqué lors de ton retour en Suisse ?
FG : L'abondance de verts... et toutes ces couleurs de la nature, de la végétation! Quant on vit l'éclosion du printemps, on ne s'en rend pas vraiment compte ! Lors de notre départ, c'était encore un peu l'hiver, et maintenant nous sommes revenu avec des couleurs et des chaleurs estivales, les yeux et les sens en sont tout étourdis !
AB : La verdure et la densité de la végétation en forêt. C'est un bon contraste avec Baffin où il n'y a que de l'herbe dans la toundra (2ème partie de l'expé), de la mousse et du lichen qui étaient sous la neige.
Et si c'était à refaire...
FG : Je repartirais demain! En espérant cependant avoir quelques jours de beau pour pouvoir profiter et admirer la région des Mts.Thor, Asgard, et Odin disparus dans le blizzard lors de cette expédition.
En augmentant aussi la ration de chocolat, et en embarquant ma femme dans mes bagages !!!
AB : Je repartirais, sans changer grand chose, peut-être un peu plus tôt dans la saison. Je prendrais un lecteur MP3 pour les jours off. On avait prévu de se donner quelques jours d'exploration au cœur des montagnes mais nous avons coupé court après 2 jours dans le blizzard, donc j'aimerais bien revoir le Mt Asgard par beau temps cette fois et aussi faire quelques sommet aux environs.
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